Projet Cancer de la Prostate

Projets adultes

Chercheurs qui dirigent le projet : Dr. David Olmos et Dra. Elena Castro

Centre où il est développé: Centre national de recherches sur le cancer (CNIO), Institut de biomédecine de Malaga (IBIMA). ESPAGNE

Exécuté en ESPAGNE, Malaga.

 

Contexte :

Le cancer de la prostate est le cancer masculin le plus fréquent dans les pays occidentaux, et son incidence augmente au fil des années. C’est la troisième cause de mort chez les hommes après le cancer du poumon et le cancer colorectal, avec 5 400 décès par an en Espagne.

Même si dans un grand nombre de cas il peut être traité par chirurgie et radiothérapie, certains patients atteints des formes les plus agressives de la maladie ne sont pas correctement diagnostiqués et sont traités à l’aide de thérapies trop faibles. Il est  donc nécessaire, non seulement d’améliorer les outils et les critères de diagnostic afin de choisir les traitements les plus adéquats pour le patient, mais aussi de trouver de nouvelles formes de traitements permettant de guérir les tumeurs les plus agressives.

 

Description du projet :

L’Unité de recherche clinique du cancer de la prostate, avec à sa tête le Dr. David Olmos, travaille au développement de nouveaux traitements pour le cancer de la prostate, en particulier ses formes les plus agressives.

Le groupe effectue actuellement de nombreux essais cliniques, plusieurs d’entre eux pluricentriques (c’est-à-dire englobant plusieurs hôpitaux en Espagne) et d’autres à plus petite échelle. La plupart des études cliniques pluricentriques s’inscrit dans le cadre d’une plateforme portant le nom de PROCURE.

Outre les études et les projets inclus dans cette plateforme ou qui en découlent directement, l’équipe implémente actuellement une série de projets en recherche clinique et préclinique.

 

Progrès réalisés au cours de l’année passée :

Les résultats de l’essai PROREPAIR B révèlent des informations importantes sur les mutations des gènes impliqués dans la réparation de l’ADN. Dans ce contexte, des avancées  majeures se poursuivent dans le suivi et le traitement des patients qui présentent une mutation de l’un de ces gènes, que l’on appelle BRCA2. Ce gène est capital pour la compréhension et le traitement du cancer de la prostate résistant aux thérapies conventionnelles.

Dans l’étude PROREPAIR B, on analyse les échantillons d’un grand nombre de patients (419) avant, pendant et après administration de leur traitement. Ensuite, on cherche les mutations des protéines qui réparent l’ADN et on tente de formuler une corrélation avec la réponse des patients aux différents traitements.

L’équipe du projet du cancer de la prostate avait au préalable prouvé que les patients atteints de cancer de la prostate avec des mutations héréditaires sur le gène BRCA2 (un de ces gènes de réparation) affichent des tumeurs plus agressives et un pronostic plus sombre. De plus, lors du congrès de l’American Society for Clinical Oncology (ASCO) de 2018, des données ont été présentées, indiquant que chez les patients chez lesquels le BRCA2 a muté, le séquencement du traitement initial peut avoir de l’importance, par exemple le fait de commencer le traitement de la maladie avancée avec de l’abiratérone ou de l’enzalutamide (des thérapies hormonales) pour continuer avec des taxanes (chimiothérapie) semble plus efficace que la combinaison inverse. Cette étude montre l’importance des études génétiques chez les patients lors du choix de leurs traitements, et se révèle être très importante dans la pratique clinique.

Dans cette même ligne de recherche, le groupe a démontré que les familles des patients atteints de cancer de la prostate et présentant des mutations du BRCA2 pouvaient être plus susceptibles de développer un cancer, en particulier de la prostate, du sein ou de l’ovaire. C’est pourquoi elles devraient entrer dans des programmes de prévention de cancer familial. Cette découverte a été publiée dans le Journal of Clinical Oncology.

L’importance du travail de l’Unité CRIS pour le cancer de la prostate a été confirmée par l’obtention de nombreux prix et distinctions au cours de l’année 2018. L’un des prix les plus importants est un prix du Department Of Defense des États-Unis (DoD impact Award) pour le développement d’un projet de collaboration sur le cancer de la prostate. (très peu de chercheurs hors des États-Unis accèdent à ce type de programme).