Chercheurs qui dirigent le projet: Dr. Alberto Ocaña et Dr. Atanasio Pandiella.
Centre où il est développé: Complexe hospitalier universitaire d’Albacete (CHUA) et Centre de recherche sur le cancer, CIC, Salamanque. ESPAGNE
Exécuté en ESPAGNE, Salamanque.
Contexte:
Le cancer de l’ovaire est la sixième tumeur la plus fréquente dans la population féminine en Espagne, et son occurrence augmente chaque année. Son taux de mortalité est élevé car il n’existe pas de méthode de détection précoce fiable, il est donc en général diagnostiqué alors qu’il est déjà étendu.
Description du projet:
Les groupes d’Alberto Ocaña et Atanasio Pandiella collaborent pour trouver de nouveaux traitements contre ces tumeurs. À partir d’échantillons de tumeurs ou d’informations issues des bases de données internationales, ils mènent des analyses bio-informatiques et biochimiques en quête de modèles ou de mutations génétiques spécifiques qui :
- détermineraient une nouvelle cible thérapeutique potentielle,
- expliqueraient les mécanismes de résistance aux thérapies utilisées en clinique,
- caractériseraient les tumeurs des patientes qui répondent aux traitements et celles qui n’y répondent pas,
- définiraient les mécanismes d’action des nouveaux médicaments en développement, afin d’accélérer leur développement et leur optimisation.
Une fois les analyses bio-informatiques effectuées, leurs résultats sont vérifiés et validés par des expériences en laboratoire sur des cellules et des animaux.
Grâce aux dernières avancées des techniques d’analyse de protéines et de matériel génétique des tumeurs, il a été possible de concevoir un nouveau Projet d’immunothérapie du cancer de l’ovaire. À l’aide de ces outils, les chercheurs tentent d’identifier les éléments à la surface des cellules tumorales de l’ovaire qui ne sont pas présentes dans d’autres cellules. Une fois ces molécules caractéristiques définies, on concevra des anticorps (molécules qui agissent comme des missiles télécommandés) unis à des médicaments spécifiques pour lutter contre ces cellules tumorales.
Progrès réalisés au cours de l’année passée:
Ces groupes de scientifiques ont obtenu d’excellents résultats dans leurs recherches de nouvelles cibles thérapeutiques.
D’une part, ils ont analysé un grand nombre de patientes au niveau phosphoprotéomique. Cela signifie qu’ils analysent un grand nombre de protéines qui fonctionnent comme des « interrupteurs » dans la cellule en contrôlant divers mécanismes comme la multiplication, la survie, etc. (processus clé dans le cancer). Une analyse phosphoprotéomique analyse la quantité de ces « interrupteurs » et s’ils sont en marche ou éteints. Ainsi, les chercheurs ont découvert que dans un grand nombre de tumeurs de l’ovaire, la protéine HER2 est en plus grand nombre et activée. L’HER2 est une protéine clé dans certains cancers du sein que l’on traite avec des médicaments comme le trastuzumab ou le TDM1.
Les résultats, publiés dans la revue Oncotarget, sont très importants, car ils peuvent ouvrir tout un éventail de thérapies possibles dans les cas les plus complexes de cancer de l’ovaire. D’autres protéines ont également été identifiées, dont la pertinence en tant que cibles potentielles susceptibles d’être attaquées est en cours d’analyse actuellement.
L’ADN ressemble à une immense bibliothèque qui contient toutes les informations nécessaires dont une cellule a besoin pour vivre. Ces informations peuvent être prélevées par petits volumes, appelés transcrits, indiquant les fonctions cellulaires qui se mettent en marche. En fonction des transcrits, la cellule peut se comporter de différentes façons. Elle peut se diviser, se déplacer, grossir, voire se suicider… Une analyse des transcrits sur des cellules cancéreuses de l’ovaire a révélé deux nouvelles cibles thérapeutiques potentielles, EZH2 et UBE2, dans le cadre d’un travail que le groupe a publié dans Cancer Medicine. Actuellement, le travail s’intensifie pour trouver des façons d’attaquer ces cibles.
Le Projet d’immunothérapie pour le cancer de l’ovaire a également été lancé. Plusieurs molécules ont été détectées, qui pourraient être caractéristiques des cellules tumorales de l’ovaire. Actuellement, l’équipe travaille à vérifier la pertinence de ces molécules, avant de concevoir des anticorps contre elles. L’analyse concerne aussi les molécules qui pourraient aider le système immunitaire à détecter les cellules tumorales et à les éliminer, les considérant comme des cellules anormales.
Par ailleurs, l’équipe a récemment commencé à évaluer le potentiel thérapeutique d’une nouvelle classe de composés. Ces composés, dénommés dégradateurs, ont le potentiel de s’unir à certaines protéines-clés dans le développement des tumeurs, et de les marquer. Ce marquage fait que la machinerie cellulaire identifie cette protéine comme quelque chose à détruire. Si les cellules tumorales dépendent de certaines protéines et que l’on peut les éliminer, alors cela pourrait aider le corps à lutter contre les cellules tumorales.