Chercheurs qui dirigent le projet: Dra. María Elena Élez
Centre où il est développé: Vall d’Hebrón Institute of Oncology (Barcelone)
Introduction:
Le cancer colorectal représente un défi social et médical. Il s’agit du type de tumeur le plus fréquemment diagnostiqué en Espagne (plus de 43 000 patients par an selon les données du SEOM), et de la deuxième cause de décès (16 000 patients par an) après le cancer du poumon.
L’une des raisons de ces données est qu’il est souvent diagnostiqué alors qu’il s’est déjà propagé ou, même s’il est diagnostiqué à un stade précoce, chez 50 % des patients, il finit par former des métastases malgré les traitements.
Tous les cancers colorectaux ne sont pas identiques. Il existe un sous-type très agressif, représentant environ 10 % des cas, qui se caractérise par le fait que les cellules tumorales présentent une mutation particulière de l’ADN dans un gène appelé BRAF. Il y a quelques années encore, il n’existait pas de traitement spécifique pour ces tumeurs, et la seule approche possible reposait sur un traitement par chimiothérapie, souvent insuffisant pour contrôler la maladie.
Les progrès de la recherche ont récemment conduit à la mise au point de traitements qui ciblent BRAF et les mécanismes qui sont altérés par cette mutation. Ces traitements ont donc un grand potentiel pour les patients atteints de cancer du côlon présentant des mutations BRAF. Cependant, bien que les résultats offerts soient bon, ces traitements ne fonctionnent pas pour tous les patients et certains de ceux qui y répondent ne le font que temporairement.
C’est pourquoi il est essentiel d’examiner en profondeur les aspects suivants :
- Il est essentiel de trouver des stratégies permettant d’identifier les patients qui répondront aux traitements ciblant les mutations BRAF.
- Nous devons mieux connaître ces tumeurs pour comprendre les mécanismes qui font qu’elles ne répondent pas aux traitements ciblant les mutations BRAF.
- Nous devons identifier de nouveaux traitements pour les patients qui sont résistants aux traitements ciblant les mutations BRAF.
Ce n’est que de cette manière que nous pourrons vaincre définitivement ces formes aussi agressives de cancer du côlon.
Description du projet:
Le groupe du Dr Élez développe un projet ambitieux visant à relever les principaux défis du cancer colorectal métastatique avec mutations BRAF, avec trois objectifs principaux :
Analyse de la structure du tissu tumoral comme mécanisme de résistance :
L’une des hypothèses du groupe est que les tumeurs qui deviennent résistantes aux thérapies ciblées se caractérisent par une structure très différente des autres tumeurs, avec une forte composante de tissu mucineux. Cette partie du projet consistera à étudier des échantillons de tumeurs de patients présentant des mutations BRAF et à comparer les tumeurs sensibles et résistantes aux thérapies ciblées.
Recherche de nouveaux mécanismes de résistance :
Outre l’étude des tissus tumoraux, une analyse approfondie de l’ADN et d’autres composants des cellules tumorales sera effectuée pour tenter de comprendre comment les cellules tumorales sont utilisées pour devenir résistantes aux thérapies. Cela pourrait fournir des indices importants sur les faiblesses de ces tumeurs qui peuvent être ciblées par des traitements spécifiques.
L’une des stratégies qu’ils utiliseront pour atteindre cet objectif est de créer des modèles animaux avec les tumeurs de différents patients. Ces modèles seront utilisés pour étudier les tumeurs dans un environnement biologique très proche de la réalité et permettront de tester l’efficacité de nouveaux traitements.
Validation des biomarqueurs :
L’équipe du Dr Élez a identifié une caractéristique des tumeurs résistantes qui pourrait être utilisée pour prédire quels patients répondront et lesquels ne répondront pas (ce que nous appelons des biomarqueurs). Ils ont observé que les patients dont les tumeurs contiennent plus de cellules mutées BRAF peuvent mieux répondre aux thérapies. Dans cette partie du projet, ils approfondiront ce concept et tenteront de prouver que cette caractéristique peut être utilisée dans les hôpitaux pour distinguer les patients qui répondront mieux aux thérapies ciblant BRAF.
Dans l’ensemble, cette étude pourrait fournir de nouveaux outils cliniques pour améliorer le diagnostic et le traitement de l’une des formes les plus agressives du cancer du côlon.