Chercheurs qui dirigent le projet: Jacques Grills
Centre où il est développé: L’Institut Gustave Roussy, Paris
Exécuté en FRANCE, Paris.
Contexte :
Parmi les tumeurs touchant les enfants, les tumeurs du système nerveux central sont les deuxièmes tumeurs les plus fréquentes, après les leucémies. Mais elles restent la première cause de décès de cancer pédiatrique en raison de leur hétérogénéité et de la complexité à les traiter.
En particulier, l’une des tumeurs cérébrales pédiatriques les plus agressives est le gliome pontique intrinsèque diffus (ou DIPG, son sigle en anglais) qui touche exclusivement les enfants de 4 à 11 ans. Les enfants qui en souffrent ont une espérance de vie très courte, d’environ 1 an, le taux de létalité est de 100%.
Ce cancer est en effet extrêmement difficile à soigner, et ce, pour plusieurs raisons :
Sa localisation d’origine :
Ce cancer nait dans le pont cérébral, une zone du cerveau contenant la régulation de fonctions corporelles vitales : respiration, mouvement oculaire ou même battements du cœur… Une zone trop sensible pour y pratiquer une intervention chirurgicale.
Son développement :
Le DIPG entraîne souvent des métastases dans d’autres zones du cerveau, ce qui rend difficile le contrôle de la maladie et les traitements.
De plus, les cellules se répandent tellement vite que, dans la plupart des cas, les effets du traitement ne sont pas aussi rapides que l’expansion des cellules cancéreuses elle-même.
Sa rareté :
Non seulement le DIPG ne touche que les enfants, mais il reste relativement peu courant parmi les tumeurs pédiatriques : on dénombre environ 400 cas en Europe par an. Le nombre de patients est donc très faible, ce qui rend la conduite d’essais cliniques complexe.
De plus, comme les études moléculaires montrent de grandes différences entre le DIPG et d’autres gliomes adultes, on ne peut pas non plus se référer aux recherches et aux traitements de ce domaine. Par exemple, les cellules de DIPG se développent 10 fois plus vite chez les enfants que chez les adultes.
=> Du fait de sa complexité et de sa rareté, il devient essentiel d’identifier les gènes et les mutations à l’origine de ce cancer, ce qui pourra permettre :
– D’expliquer sa capacité de migration et d’invasion
– D’identifier les points faibles de ses cellules
– Et donc de concevoir des traitements plus efficaces contre les métastases
En savoir plus sur “La tumeur DIPG”
Projet de recherche :
Le projet consiste donc à identifier génétiquement les cellules tumorales ainsi que leurs mutations, ce qui permettra d’identifier les enfants les plus à risque et de les traiter de manière préventive.

Premier objectif du projet de recherche :
l’identification des gènes dont les modifications peuvent entraîner une migration et une invasion plus importantes. 10 gènes candidats ont déjà été trouvés, dont deux seront sélectionnés pour être validés lors de la deuxième partie du projet.
Deuxième objectif :
Après avoir identifié les mutations qui entraînent les métastases, il faudra vérifier si les composés contre ces modifications peuvent empêcher les métastases par des expériences en laboratoire.
Si les modèles testés fournissent des résultats positifs, l’application en essais cliniques sera très rapide car les résultats peuvent se traduire par de nouveaux traitements très efficaces pour ralentir les métastases.
Gros plan sur les moyens mis en œuvre pour effectuer les tests :
Des cellules de DIPG seront introduites sur des cobayes de laboratoire, puis on tentera de bloquer leur capacité de métastase. L’expérimentation sur les cobayes vivants fournit une très grande quantité d’informations, mais elle n’est pas très rapide ni facile à mettre en œuvre, de plus elle est relativement chère, elle n’est donc pas complètement satisfaisante.
D’un autre côté, les cultures de cellules tumorales ne reproduisent pas parfaitement la complexité du tissu cérébral,
Une alternative ingénieuse a donc été recherchée pour effectuer ces expériences : il s’agit de maintenir en culture des sections de cerveau d’animaux sur lesquelles sont réalisées les expériences. Ces modèles constituent un avantage énorme car ils incluent de nombreux types de cellules et notamment des cellules saines, des cellules tumorales et même des neurones, ils maintiennent l’architecture des tissus, les interactions et les communications…Il s’agit d’un type d’expérience très avancé et que très peu de groupes sont capables de réaliser.