Projet Cancer du Sein

Projets adultes

Chercheurs qui dirigent le projet: Dr. Alberto Ocaña et Dr. Atanasio Pandiella.

Centre où il est développé:  Complexe hospitalier universitaire d’Albacete (CHUA) et Centre de recherche sur le cancer, CIC, Salamanque.

Exécuté en ESPAGNE, Salamanque.

Contexte:

Le cancer du sein est le type de cancer féminin le plus fréquent. En Espagne, on estime qu’une femme sur dix peut en être atteinte à un moment de sa vie. Bien qu’une grande majorité des tumeurs du sein se guérissent, il reste incurable, encore aujourd’hui, pour 20 % des patientes. La résistance aux traitements, ou bien l’absence de thérapies spécifiques contre certains types de cancers du sein explique que certaines tumeurs ne puissent pas être traitées et éliminées.

Description du projet:

Les recherches sur le cancer du sein sur lesquelles travaillent Atanasio Pandiella et Alberto Ocaña peuvent être regroupées en deux projets. Ils abordent de nouvelles alternatives thérapeutiques pour les types de cancer du sein les plus agressifs

Tumeurs du sein triple négatif:

Le cancer du sein « triple négatif » porte ce nom car les cellules tumorales ne présentent pas certaines molécules qui définissent d’autres types de cancer du sein. Le pronostic de ces tumeurs est mauvais, et il n’existe actuellement aucune thérapie spécifique pour lutter contre elles . Il est donc urgent de faire des recherches dans ce domaine pour pouvoir développer des thérapies effectives contre ce type de tumeurs.

Tumeurs du sein HER2+:

Les cancers du sein HER2+ sont des tumeurs très agressives dont les cellules présentent une grande quantité d’une protéine appelée HER2, qui est la principale cause de leur transformation. Des traitements existent contre ce type de tumeurs, mais un nombre important de patientes développe une résistance contre eux. Ce projet vise à établir les mécanismes par lesquels les cellules tumorales résistent aux thérapies.

Avancée du projet:

Projet d’immunothérapie pour les tumeurs du sein triple négatif : Ce projet innovant utilise les derniers outils d’analyse moléculaire et génétique pour identifier des éléments à la surface des cellules de tumeur « triple négatif », et à les distinguer des cellules saines. Une fois ces molécules caractéristiques repérées, on pourra générer des anticorps contre elles, qui, comme un missile télécommandé, transporteront un médicament spécifique contre la cellule tumorale. Un autre type d’études tentera de faire en sorte que les cellules du système immunitaire puissent identifier les cellules tumorales comme des intrus , afin de les attaquer.

Avancées réalisées au cours de l’année passée

Pour les tumeurs du sein triple négatif:

L’analyse d’un grand nombre de tumeurs « triple négatif » a fait ressortir l’altération de plusieurs mécanismes cellulaires dans ce type de tumeurs. Une de ces fonctions est la régulation du cycle cellulaire (c’est-à-dire quand, comment et sous quelles conditions une cellule se multiplie). Suite à ces découvertes, les chercheurs ont testé en laboratoire avec un grand succès une combinaison de médicaments dirigés contre certaines de ces protéines avec d’autres composés très innovants, appelés inhibiteurs de BET. Les bons résultats de cette recherche, publiés dans la revue Oncotarget, posent les bases d’une éventuelle thérapie spécifique efficace contre ce type de tumeurs si difficiles à traiter (voir ici l’article).

Pour les tumeurs du sein Her2+:

Nos chercheurs continuent leurs recherches pour découvrir pourquoi les cellules du cancer du sein du sous-type HER2+ deviennent résistantes aux médicaments spécifiques pour ce type de pathologies. Ces études génèrent de nombreux résultats et publications.

Deux des publications les plus pertinentes portent sur un nouveau médicament appelé T-DM1. Ce traitement est très puissant mais il ne fonctionne pas toujours. Nos chercheurs ont déjà identifié deux mécanismes différents par lesquels les cellules tumorales peuvent devenir résistantes à ce médicament. L’un de ces mécanismes est lié à la façon dont la cellule tumorale capte et digère le médicament (publié dans Cancer Research), tandis que le second a trait au contrôle de la multiplication cellulaire (publié dans Clinical Cancer Research). Ceci peut permettre d’utiliser des thérapies qui neutralisent ces mécanismes de résistance et ainsi favoriser la thérapie basée sur le T-DM1.

L’un des traitements classiques contre les tumeurs HER2+ est le trastuzumab, auquel  il existe aussi des résistances. Récemment, une étude a été envoyée pour publication dans laquelle l’auteur observe que lorsque les cellules deviennent résistantes à ce médicament, les mécanismes qui devraient les éliminer sont défaillants. De plus, les résultats d’un essai clinique de Phase II ont été publiés, démontrant chez certaines patientes l’efficacité de la combinaison du trastuzumab et d’un autre médicament, le dasatinib.

Projet d’immunothérapie pour les tumeurs du sein triple négatif:

Le projet vient juste de commencer mais avance très rapidement. Faisant suite à une analyse en profondeur des protéines et du matériel génétique des cellules de tumeurs triple négatif, il a été possible d’identifier trois cibles potentielles vers lesquelles diriger les anticorps chargés de médicaments spécifiquement conçus pour attaquer ces cellules. Actuellement, une immunothérapie basée sur ces conclusions est déjà en cours de développement.