Projet CRIS d’immunothérapie contre le cancer de la tête et du cou

Projets adultes

Chercheurs qui dirigent le projet: Prof. Alan Melcher, Prof. Kevin Harrington

Centre où il est développé:  Institute of Cancer Research et The Royal Marsden Hospital, Londres.

 

Introduction : 

Le cancer de la tête et du cou est un type de tumeur très courant (550 000 cas par an dans le monde, 8 188 en Espagne). Malgré sa fréquence, la mortalité reste élevée (380 000 décès par an dans le monde, plus de 1 000 en Espagne). La plupart de ces décès surviennent lorsque la maladie se propage ou fait une rechute ce qui arrive malheureusement assez souvent. Mais même lorsqu’il est complètement éliminé, ce type de pathologie peut laisser des séquelles physiques très graves

L’immunothérapie (vidéo explicative ici) est apparue dans le domaine du cancer de la tête et du cou et a ouvert un large éventail de possibilités. 

  • Chez les patients présentant une tumeur locale, non métastasée, elle pourrait être associée à d’autres traitements afin d’obtenir une thérapie globalement moins agressive pour les patients et avec moins de séquelles. 
  • Chez les patients atteints de tumeurs disséminées ou en rechute, elles pourraient signifier des thérapies offrant de meilleures perspectives que les options actuelles. 

Cependant, la réalité est que l’immunothérapie ne fonctionne actuellement que chez une fraction des patients. Malheureusement, il n’existe actuellement aucune méthode efficace pour prédire quels patients répondront aux traitements d’immunothérapie.

L’un des principaux problèmes que pose la conception de nouveaux et meilleurs traitements d’immunothérapie est que tant la tumeur que les cellules immunitaires qui la combattent évoluent au fil du temps, notamment en raison des traitements administrés. La compréhension de ces changements nous permettrait de concevoir de meilleures stratégies d’immunothérapie, et même de prédire quels patients auront la meilleure réponse à ces traitements. 

Avec ce défi en tête, l’ICR Centre for Translational Immunotherapy est créé avec l’aide du CRIS.

 

La structure :

Ce projet est constitué en premier lieu de la Targeted Therapy Team dirigée par le Dr Kevin Harrington qui travaille depuis 2001 au développement de nouvelles thérapies contre les tumeurs les plus difficiles à traiter, ceux de la tête et du cou.

L’autre pilier du projet est la Translational Immunotherapy Team, dirigée par le Dr Alan Melcher, apportant une énorme expérience du traitement des tumeurs solides par immunothérapie. 

 

Le projet : 

Notre système immunitaire est prêt à combattre toutes sortes de menaces, y compris le cancer, et les lymphocytes T sont essentiels à ce processus. Nous avons des millions de lymphocytes T différents dans notre corps, chacun possédant un récepteur qui lui permet d’identifier et de détruire une menace différente. Lorsqu’une menace apparaît, comme une cellule tumorale, les lymphocytes T dont les récepteurs identifient cette cellule particulière sont activés et la détruisent. Cependant, il arrive que les tumeurs parviennent à échapper à notre système immunitaire ou à le ralentir, et c’est alors qu’elles commencent à progresser.

Pour mieux comprendre la réponse immunitaire et déterminer la meilleure façon de l’activer par l’immunothérapie, ce projet étudiera comment cette réponse évolue au fil du temps chez les patients atteints de tumeurs de la tête et du cou. À partir d’un grand nombre d’échantillons provenant de patients ayant reçu différents types de traitements, il s’agira d’analyser :

  • Quels lymphocytes T sont présents à chaque moment du développement tumoral, avant et après les différents traitements. Les lymphocytes T seront caractérisés en examinant le récepteur que possède chaque lymphocyte dans la tumeur, ce qui révélera exactement les aspects de la tumeur qu’ils combattent. 
  • L’activité des autres éléments de la réponse immunitaire. Notre système immunitaire comporte un très grand nombre de composants, et il active différents mécanismes en fonction du type de menace auquel il est confronté. Il est donc essentiel de déterminer quels éléments sont présents aux différents stades de la maladie de chaque patient.

Cela se fera à l’aide des méthodes d’analyse les plus novatrices et les plus avancées, tant génétiques que moléculaires. Cette compréhension plus approfondie de la réponse immunitaire permettra de mieux comprendre ce qui se passe chez chaque patient tout au long de l’évolution de sa maladie, cela facilitera l’identification des patients qui ont le plus de chances de bien répondre à l’immunothérapie et contribuera au développement de meilleurs traitements immunologiques.