Introduction :
Le cancer de la prostate est la tumeur la plus fréquente chez les hommes dans les pays développés. En général, la plupart des patients sont diagnostiqués à un stade précoce, lorsque le cancer est encore localisé, et sont généralement guéris. Toutefois, chez 5 à 10 % des patients, le diagnostic est posé alors que la tumeur s’est déjà étendue. Même parmi les patients dont la tumeur est localisée, il y a des patients dont la tumeur est très agressive et résistante aux thérapies standard, et elle peut mettre leur vie en danger. En conséquence, plus de 5 800 hommes meurent chaque année en Espagne.
Il est donc très important de comprendre quels patients sont les plus exposés aux formes agressives et résistantes au traitement du cancer de la prostate. Il existe actuellement très peu d’outils qui permettent de le prédire. En comprenant quels sont les patients les plus à risque, on peut éviter les traitements inefficaces et choisir directement d’autres thérapies, et suivre leur maladie de plus près. C’est dans ce domaine d’étude qu’est plongé le Dr David Olmos depuis plusieurs années.
Parmi ses découvertes les plus pertinentes, il a pu établir un lien entre l’altération (ou l’absence) de certaines protéines de réparation de l’ADN et le développement de formes beaucoup plus agressives de la maladie. Parmi ces protéines figure la BRCA2, dont les altérations constituent un facteur de risque à la fois de développer un cancer de la prostate et de le rendre très agressif. Pourtant, même chez les patients présentant des mutations BRCA2, leurs tumeurs sont très différentes les unes des autres : elles sont plus ou moins agressives, elles répondent mieux ou moins bien aux différentes thérapies, elles ont plus ou moins tendance à produire des métastases… Par conséquent, nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir prédire le comportement des tumeurs de la prostate.
Le groupe du Dr Olmos a récemment découvert que des erreurs dans une autre protéine appelée RB1 (liée au moment où la cellule décide qu’il est bon de se diviser) peuvent également être liées à un pronostic plus défavorable. En fait, dans certaines tumeurs prostatiques très létales, on a constaté que les altérations des deux gènes, BRCA2 et RB1, étaient fréquentes.
Cependant, on sait peu de choses sur le rôle de RB1 dans le cancer de la prostate, sur les raisons pour lesquelles il provoque des tumeurs plus agressives et sur sa collaboration avec les mutations de BRCA2. On en sait bien sûr beaucoup moins sur la manière de cibler les thérapies contre ces altérations.
Le projet :
L’équipe du Dr Olmos a conçu un projet visant à aborder de manière exhaustive le problème des altérations combinées des gènes BRCA2 et RB1 :
- À l’aide de modèles de laboratoire avancés, ils étudient le mécanisme biologique par lequel les deux mutations combinées induisent l’apparition, la croissance et l’agressivité des tumeurs de la prostate.
- Ils développeront des méthodes permettant d’identifier les patients atteints de ce double trouble à un stade précoce, lors du diagnostic, afin de pouvoir agir plus tôt et plus efficacement.
- À l’aide de techniques innovantes de modification génétique, ils chercheront le meilleur moyen d’enrayer les effets dévastateurs de la combinaison des mutations BRCA2 et RB1 et de mettre au point de nouveaux traitements.
En bref, la mise au point de nouveaux moyens d’identifier et de traiter ces patients présentant un risque si élevé de mourir du cancer de la prostate pourrait améliorer la vie d’un grand nombre de patients.